Lesson Learned: Ich kehre um!
Témoignage : « Je fais demi-tour ! »

06.12.2016
Das Ereignis liegt schon viele Jahre zurück, hat mein Fliegerleben aber nachhaltig beeinflusst. Ich besass damals einen Doppeldecker mit einer höchst rudimentären Instrumentierung, die aber für den Zweck der Maschine völlig ausreichte. An einem freien Tag flog ich mit einem Freund, der über keine fliegerische Ausbildung verfügte, von Bern nach Saanen. Das Wetter schien für den Flug in Ordnung zu sein. Als wir am späteren Nachmittag zurück fliegen wollten, zeigte sich die Bewölkung aber schon einiges dichter als erwartet. Aus diesem Grund entschied ich mich, statt direkt Bern-Belp anzufliegen, über Greyerz und Freiburg auszuweichen.

Schon kurz nach dem Start verschlechterte sich die Sicht dramatisch, und die Hoffnung auf eine höhere Wolkendecke zerschlug sich rasch. Ich wusste genau, dass wir beim Einflug in eine Wolke ohne künstlichen Horizont verloren wären. Der innere Druck wurde immer grösser, als ich nach Ausweichmöglichkeiten suchte. Und dann sagte ich laut: „Jetzt kehre ich um!“

Von diesem Moment an ging es mir mental viel besser, ich fühlte mich wieder wohl und der Situation gewachsen. Kurz darauf landeten wir wieder in Saanen. Dass ich aufgrund des schlechten Wetters mein Flugzeug eine Woche dort stationieren musste, spielte keine Rolle. Und die Heimfahrt bei strömendem Regen im Zug verlief sicher und angenehm.

Lesson Learned: Seitdem mir damals klar wurde, dass ich fliegen will und nicht fliegen muss, habe ich meine Regel „Lieber umkehren als stur auf einem vorgefassten Plan beharren“ schon mehrmals verwendet. Und den Satz „Ich kehre um!“ lernen auch meine Flugschüler.

« C’est un épisode qui remonte à plusieurs années déjà, mais qui a influencé durablement ma vie de pilote. À l’époque, je possédais un biplan doté d’instruments plus que rudimentaires mais qui convenaient parfaitement pour l’usage que je faisais de l’avion. J’avais profité d’un jour de congé pour effectuer un vol de Berne à Saanen en compagnie d’un ami qui n’avait aucune formation de pilote. La météo semblait OK sur l’itinéraire prévu. En fin d’après-midi, alors que nous nous apprêtions à repartir pour revenir à notre point de départ, nous constatâmes que la nébulosité était bien plus importante que prévu. Aussi, je décidai de faire un détour par la Gruyère et Fribourg au lieu de mettre le cap directement sur Bern-Belp.

À peine avions-nous décollé que la visibilité devint exécrable et l’espoir de bénéficier d’un plafond nuageux élevé s’envola rapidement. Sans horizon artificiel, je savais parfaitement que nous nous perdrions si nous nous engagions dans les nuages. Mon angoisse ne faisait que croître au fur et à mesure que je cherchais un itinéraire de rechange. Et puis soudain, je dis à haute voix : « Je fais demi-tour ! ».

Cette décision me libéra d’un poids, je me sentais à nouveau bien et maître de la situation. Je posai à nouveau l’avion à Saanen. Peu importe que l’avion dût y rester stationné une semaine entière en raison du mauvais temps. Le retour à la maison en train, sous la pluie battante, se déroula paisiblement et en toute sécurité.

Lesson Learned: Depuis ce jour où j’ai pris conscience que j’aimais voler mais que personne ne m‘y obligeait, j’ai appliqué à plus d’une reprises la règle suivante : « Mieux vaut rebrousser chemin que de s’entêter à respecter un plan préétabli ». Et j’apprends à mes élèves pilotes à dire : « Je fais demi-tour ! »


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